Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Dans la tête d'une linette...

Juste une histoire de cases ?

18 Mai 2016 , Rédigé par linette Publié dans #Quotidien

Juste une histoire de cases ?

"Demain, j'irai.Promis! Mais aujourd'hui, je suis trop mal".

Voilà, ça a commencé comme cela.

Au début, on se dit qu'elle est peut-être un peu malade. On laisse passer une première fois.

Oui, le lendemain, elle ira. Puis au bout de quelques jours, cela recommence. Des maux de ventre, de plus en plus insupportables, et de la fatigue, de la grosse fatigue, au point de la retrouver endormie la tête sur la table de la cuisine, en rentrant un midi : elle avait juste posé sa tête sur la table le matin, en pensant se relever quelques minutes après pour parrtir au lycée, et s'était rendormie..... On se dit "elle a vraiment quelque chose" et on laisse passer une seconde fois.

On va voir le médecin, on fait des analyses médicales, des échographies : rien.

On observe que le week-end, cela va mieux, et que pendant les vacances, tout semble rentrer dans l'ordre.

Et puis, la veille de la rentrée, les symptôme recommencent.

Un beau jour, il faut se rendre à l'évidence. Le mal n'est pas physique, mais semble bien psychologique.

On essaye bien de la pousser, de lui dire que l'on ne fait pas toujours ce que l'on veut dans la vie, que moi par exemple, mon patron n'aimerait pas que je m'arrête dès que j'ai un petit bobo.

Elle n'a jamais beaucoup aimé l'école, et pourtant, elle avaient de bonnes notes (avec peu de travail, il faut bien le dire ) et les compliments de ses professeurs : élève sérieuse, bonne conduite, peut-être un peu trop réservée.....

Et on finit par laisser passer, une 3ème fois, puis une quatrième, ...jusqu'à 3 mois maintenant.

3 mois de déscolarisation.

Parce-que finalement, ce qui peut passer pour de la paresse au début, et un manque de motivation, se révèle en fait être une phobie scolaire.

Le diagnostique a été posé par un spécialiste, bien sûr.

Et là, commence le parcours du combattant. Trouver le spécialiste en faisait déjà parti, car de nos jours, tous les psychiatres sont débordés.

Mais trouver les dispositifs permettant de répondre au cas de la phobie scolaire et réussi à avoir une place relève encore plus du défi, et de la patience. Beaucoup de patience.

Car tels les naufragées volontaires de l'émission The Island (je n'ai regardé que celle des femmes) réalisant que rien ne sert de se révolter contre la nature, et qu'il faut l'accepter pour que les choses aillent mieux, nous avons du faire pareil avec ce mal étrange et souvent mal compris : oui, notre enfant ne finira pas l'année scolaire et ne passera pas dans la classe supérieure, oui notre enfant ne fait rien de ses journées et reste à la maison; mais oui, notre enfant va chez le psy régulièrement, et oui, nous avons fait toutes les démarches pouvant être faites, et maintenant nous attendons. Car il n'y a rien d'autres à faire, les choses bougent lentement.

L'important, c'est que sa vie n'est pas gâchée pour autant. Bien des gens réussissent dans leur vie, sans avoir fait d'études. Et plus de maux de ventre maintenant. Juste encore de la fatigue.

Et j'ai trouvé du soutien auprès de l'Association Phobie Scolaire.

Et là, en lisant les témoignages de tous ces parents dont les enfants ne rentrent plus dans les cases du système scolaire classique je me suis rendue compte qu'il y avait des situations bien pires que la nôtre.....

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Marie Kléber 21/05/2016 20:55

Je suis heureuse de lire que vous avez trouvé une association pour vous aider dans cette situation difficile.Il ne doit pas être évident de gérer la phobie scolaire. Mais vous mettez toutes les chances de son côté pour qu'elle retrouve une vie normale. J'imagine quel soulagement c'est pour elle de ne plus avoir à affronter l'école au quotidien. Le cadre actuel n'est pas fait pour elle. Il doit exister des solutions alternatives, j'espère que vous les trouverez rapidement. Douces pensées à tous.

linette 25/05/2016 22:05

Merci Marie. Dommage que les choses bougent si lentement. A ce demander s'il ne s'agit pas là d'une leçon de patience....

una idea 20/05/2016 22:57

Coucou Linette,

A travers ton article on comprend mieux ce qu'il y a derrière les mots "phobie scolaire" et le vécu que cela implique pour l'enfant et toute la famille.
C'est une bonne chose qu'il y ait une association sur laquelle s'appuyer.
Je t'embrasse bien fort et vous envoie des good vibes :)

linette 25/05/2016 22:04

Merci Una Idea!